J’ai testé : hacker Ikea !

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La première fois, on y va pour aménager sa chambre d’étudiant. Encore naïf, on s’émerveille devant les mises en scènes du showroom. On goûte l’exotisme du bois de pin brut et des boulettes. Il y a comme une promesse de bonheur dans ces cartons plats.
Plus tard, on est bien forcé d’y retourner, un peu désenchanté. Avec un budget toujours trop serré, un appartement toujours trop petit, la fonction prime sur la forme. On griffonne une liste d’achat aux noms cabalistiques. On n’oublie pas de voler le crayon de bois. On évite les boulettes. On repart avec l’étagère prévue mais aussi d’autres d’objets aléatoires happés fébrilement au gré des têtes de gondoles.

La force du concept Ikea

Peu de marques parviennent à développer un tel relationnel avec leurs consommateurs. Le concept Ikea repose sur un ensemble de rituels bien établis depuis les années 50. Il y a la visite au magasin, le libre service, le montage des meubles… et bien sûr le catalogue, distribué à 220 millions d’exemplaires, ce qui en fait le troisième ouvrage le plus publié au monde après la Bible et le Petit Livre rouge.

La revanche des fans

Ikea a appris à ses consommateurs à monter eux-mêmes leurs meubles, il ne fallait pas s’étonner que certains décident de les personnaliser selon leur fantaisie. C’est ainsi qu’est apparu en 2006 le site Ikea Hackers , qui permet de partager les photos des transformations effectuées sur des meubles Ikéa. Parmi les 4000 « hacks » que compte aujourd’hui le site, on trouve des idées créatives, insolites, ou carrément délirantes ! (Je vous laisse juger ci-dessous.)

Le géant suédois ne semble pas apprécier la créativité de ses fans puisqu’il a engagé en juin 2014 une procédure pour obtenir la fermeture du site. Ce n’est pas le piratage de leurs produits qui les gêne, mais plutôt les revenus publicitaires du site.

Bref, j’ai hacké Ikea

Inspirée par les incroyables bricolages des hackers Ikea, j’ai décidé de me lancer à mon tour dans l’expérience.

Mon projet consistait à transformer un bête lit superposé (de son petit nom Mydal, pour les initiés au Njut) en super cabane d’intérieur. Ben oui, c’est indispensable une cabane d’intérieur de nos jours !

Ce projet a été pensé pour une grande fille de 8 ans. Il répond donc à un cahier des charges très précis. On oublie la dînette et le décor de maison de poupées, il faut un endroit bien à elle pour lire, dessiner et s’inventer des histoires.

Et voilà ce qu’on peut faire en ajoutant quelques bouts de bois et environ 512 vis.

Avant : Un lit superposé basique

Avant : Un lit superposé basique

Après : appelons ça un "lit-cabane"

Après : appelons ça un « lit-cabane »

Si vous comptez vous lancer vous aussi dans ce projet, vous aurez besoin de ça :

  • Chez Ikea : le lit superposé Mydal, le module de rangement en escalier Trofast
  • Au magasin de bricolage : planches de contreplaqué, moulures et lattes de différentes tailles, outils et vis…

Ça, c’est pas indispensable mais ça peut servir :

  • Une scie, une perceuse, un guide de coupe pour les angles en biseau
  • Des bières pour célébrer l’achèvement de l’oeuvre (mais seulement une fois que c’est fini hein)

Montage et modification de la structure

La première difficulté était d’augmenter la hauteur de la partie basse, tout en préservant la solidité de la structure. Pour cela le hack consiste à monter le lit à l’envers (les pieds en haut !) on gagne environ 20 cm.

On ne monte pas le lit du bas évidemment, puisqu’on veut un lit en mezzanine. Tous les éléments du lit du bas sont réemployés pour créer la nouvelle structure (façade et partie du haut).
Les 13 lattes du lit inutilisé servent à former les 3 arches de la structure du haut. Les barrières du lit du haut sont utilisées pour former le cadre de la porte. Les barrières du lit du bas servent pour le lit du haut (vous me suivez ?)

Une fois la structure montée, c’est le moment de visser les panneaux de bois découpés sur mesure.
Ça commence à ressembler à quelque chose, non?

La charpente

Attention maintenant on s’occupe de la charpente, et c’est pas du gâteau, car il va falloir scier en biseau ! J’ai bien cherché à contourner le problème, mais pas moyen d’y couper (ah ah). En plus, il faut exactement le même angle pour les 6 bouts de bois. Bah, je vous le dis : c’est mission impossible pour une personne normalement constituée et non dotée d’une scie a onglet. Heureusement, de loin on ne voit pas trop les défauts !

La déco

Après ça vient le temps des finitions et de la déco. Je me suis limitée à la déco car les finitions c’est pas gratifiant, et le budget était déjà largement dépassé !

En bas, c’est le coin lecture avec un hamac, maintenu aux lattes du lit par un savant nœud de scout, et une mini bibliothèque. Celle-ci est constituée de 2 tablettes habillées de papier japonais, bordées de baguettes et vissées à la structure sur des montants verticaux.
De l’autre coté un petit bureau fait parfois office de coiffeuse. C’est une planche fixée avec quatre équerres. Il y a une moulure collée pour masquer la tranche.

En haut, il y a un lit douillet avec tout un tas de coussins et un élevage d’animaux en peluche.
Les tablettes sous les fenêtres sont des moulures découpées et collées entre elles pour former des petits casiers bien pratiques pour mettre des livres ou des papiers de bonbon.
Le bonus, une équerre pour faire un système de poulie. Finalement la poulie n’était pas utile (un simple crochet suffit pour monter de petites charges) et j’aurais pu trouver une plus belle équerre chez Ikea à 2,50$. Mais c’est juste mieux parce que « c’est moi qui l’ai fait »!

Pour résumer :

  1. Monter le lit à l’envers.
  2. Monter la structure additionnelle en utilisant les barres et lattes restantes
  3. Habiller la structure en vissant les planches
  4. Monter la charpente avec des lames de bois coupées en biseau selon l’angle voulu.
  5. Faire un peu de couture pour le toit et les rideaux
  6. Aménager l’intérieur

Pour en savoir plus :

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